Extrait du livre La Magie des Epices
de Jacqueline LAWRENCE |
Pour tenter de conserver leur monopole sur le commerce des épices,
les hollandais punissent de mort quiconque tente de dérober la moindre de
ces précieuses graines. En outre, ils n'hésitent pas à brûler la quasi totalité de
leur récolte de clous de girofle, et à
concentrer sa culture dans deux îles des Moluques, Amboine et Ternate, où les esclaves vivent dans des conditions
inhumaines.
C'est dans ce contexte, qu'au XVlII° siècle, Pierre Poivre, botaniste et
aventurier au nom prédestiné, va définitivement mettre fin à l'hégémonie
hollandaise. Se faisant passer pour un voyageur anodin
infirme, il venait en effet d'être amputé du bras droit à la suite d'un
combat dans lequel il ne s'était jeté que pour secourir des blessés, il
réussit à dérober, au péril de sa vie, des plants de girofliers et de muscadiers. Il les implante tout d'abord à
l'île Maurice, à l'époque île
de France. Il fait de sa propriété de Montplaisir, située dans le quartier de
Pamplemousses, un magnifique jardin exotique où plus de 600 espèces s'épanouissent en une véritable féerie tropicale.
Aujourd'hui encore, Le Jardin de Pamplemousses est entretenu avec soin, et
constitue pour les Mauriciens et les touristes de passage une
des plus agréables promenades qui soient. Afin d'assurer leur diffusion Pierre Poivre
introduit la muscade et le clou de girofle à
l'île de La Réunion, à Madagascar, aux Seychelles et en Guyane Française.
Dès 1772, le
monopole hollandais sur les épices est
définitivement anéanti. Pendant quelques années, la France bénéficie d'une
certaine suprématie, puis le commerce des épices s'étend, et les compagnies de commerce
européennes doivent se résoudre à affronter
une libre concurrence.
Dés la fin du XVlII° siècle, l'Amérique, devenue indépendante, tisse des
liens très fructueux avec les principaux pays fournisseurs d'épices.
Aujourd'hui New York est la première place mondiale du commerce des épices.
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